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PRECIS DE MACRO-ECONOMIE | © 1986, 1990 & 2002 John Petroff. Traduction 2003 Sandrine Cortet. |
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INTRODUCTION
Le but de ce chapitre est de se pencher sur les changements récents
de la conjoncture économique et politique qui ont conduit
les gouvernements à mener des politiques nouvelles en vue
de traiter les problèmes traditionnels de sous-emploi et
d'inflation.
COURBE DE PHILLIPS
La courbe de Phillips prouve qu'historiquement on peut trouver
un compromis entre un taux d'inflation élevé et
un taux élev de chômage. Cette conciliation des deux
taux élevés a été utilisée
à des fins politiques dans les années 60 pour chercher
une combinaison acceptable.

| Sous l'administration Johnson aux Etats Unis, les économistes ont cru que l'économie pourrait "s'harmoniser". Entre 1964 et 1968, le gouvernement a lancé des politiques pour réduire le taux de chômage de 5% à 3,8% avec une inflation supplémentaire de 3% seulement. |
MOUVEMENT DE LA COURBE DE PHILLIPS
Les chiffres des années 70 ne correspondent pas aux combinaisons
statistiques présentées dans le graphique ci-dessus
de la courbe de Phillips. Ces observations suggèrent que,
dans ce cas là, la courbe de Phillips s'est décalée
vers le haut.

STAGFLATION
Les années 70 ont subi des taux excessifs de chômage
et d'inflation simultanéement. Cette combinaison est appelée
"stagflation". Diverses explications ont été
avancées pour ce nouveau phénomène : un cours
élevé des matières premières, la crise
pétrolière, l'anticipation d'une inflation à
venir, un changement dans la composition de la main-d'Suvre et
la confiance dans l'idée qu'une politique Keynesienne d'expansion
de la demande apporterait des solutions.
| Un taux de chômage historiquement très élev de 8,3% et une inflation de 9% en 1975 aux Etats-Unis constituentl'exemple type d'une économie victime des deux phénomènesindésirables en même temps. |
L'ATTENTE D'INFLATION
La période de stagflation s'est avérée plus
longue et l'inflation plus ancrée que prévu en raison
de l'attente d'une inflation à venir. On s'attendait à
ceque l'inflation progresse encore, on a donc pris des mesures
en vue d'en surmonterles effets via des clauses d'ajustement à
l'évolution du coût de la vie dans les contrats de
travail et par l'indexation des taux d'intérêt.
| Avant les années 70, l'indexation des taux d'intérêt ou des salaires n'existait pas aux Etats-Unis. Les taux d'emprunt variables pour le logement sont courants depuis lors (même en 2002 alors que l'inflation est pratiquement nulle), et sont utilisés dans la moitié des hypothèques.Pour les taux d'emprunt variables pour le logement, le taux d'intérêtest recalculé périodiquement pour ne dépasser que de quelques pour-cents une certaine moyenne choisie (par exemple, celle du rendement des bons du trésor pendant l'année). Ainsi, on incorpore l'inflation au taux d'intérêt. |
HYPOTHÈSE D'ACCÉLÉRATION
La stagflation peut s'expliquer par le fait que les politiques
fiscales expansionnistes ne sont en mesure de réduire le
chômage que pour quelque temps en période d'inflation.
Les travailleurs réembauchés découvrent vite
que la hausse de l'inflation réduit le pouvoir d'achat
de leurs nouveaux revenus,et retournent au chômage. Les
politiques expansionnistes successives entraînent un accroissement
de l'inflation parce que l'augmentation des taux d'intérêt
est transmise aux coûts de production et fait monter les
prix.
| Pendant les années 70, l'économie américaine est semble t'il revenue après chaque période de récession à un taux "normal" de chômage toujours plus élevé (un taux "normal" minimum de chômage est dû aux changements structurels de l'économie,aux nouveaux arrivants sur le marché du travail et à la mobilité professionnelle). Ce taux normal de chômage plus en hausse s'explique par des changements démographiques, tel que la participation croissante de femmes dans la main-d'Suvre. |
ATTENTE RATIONNELLE
La théorie d'attente rationnelle affirme que les individus
et les entreprises n'entreprennent pas d'efforts pour faire face
aux difficultés, et préfèrent attendre que
le gouvernement stimule l'économie avec une politique appropriée.
| Les administrations américaines successives des années 70 ont mis en oeuvre des politiques fiscales expansionnistes les unes après les autres. Les gens se sont habitués à voir que de telles mesures soient régulièrement prises. |
COÛT DE LA MAIN-D'SUVRE ET
PRODUCTIVITÉ
Une autre raison de la stagflation est liée au déclin
du gain de productivité dans les années 70. En effet,
si les salaires horaires (dW) augmentent au même rythme
que la productivité (dProd), alors la hausse du coût
de la main-d'Suvre (dLC) est nulle:
dLC = dW - dProd = 0
Mais, un déclin des gains de productivité (ce qui s'est produit dans les années 70) provoque une hausse du coût de la main-d'Suvre et une forte inflation des coûts de production. Une augmentation des gains de productivité (qui s'est produite dans les années 90) permet au contraire la hausse des revenus sans inflation.
| Depuis 1900, le taux de hausse de la productivité a été d'environ 2,7% par an aux Etats-Unis. Il a compensé le coût des hausses des salaires, et n'a entraîné quasiment aucune montée brusque des coûts de production. Dans les années 70, le taux de progression de la productivité a été plus que divisé par deux. Par conséquent, les entreprises ont dû reporter le surcoût des hausses de salaires sur les prix à la consommation. |
POLITIQUES DE MARCHÉ
Les méthodes traditionnelles de traitement de l'inflation
se sont pour la plupart concentrées sur l'amélioration
du fonctionnement des marchés. Un goulot d'étranglement
du marché du travail peut par exemple être évité
grâce une meilleure information, permettant ainsi la réinsertion,
facilitant la mobilité et luttant contre la discrimination. Une autre stratégie consiste à limiter le pouvoir des monopoles.
| Depuis les années 60, plusieurs programmes américains destinés à améliorer l'efficacité du marché du travail et à permettre aux travailleurs d'utiliser au mieux leurs qualifications, ont vu le jour. Par exemple, la Loi globale de l'emploi et de la formation (CETA) a été promulguée en1973. Une loi de partenariat de formation du travail a aussi été mise en oeuvre en 1983. Certains des programmes ont promu l'apprentissage : par exemple, les corps de travail et le programme d'incitation au travail. |
POLITIQUES DES REVENUS
Ces politiques anti-inflationnistes traditionnelles consistent
à préserver le pouvoir d'achat des revenus en limitant
les hausses des prix et salaires. Elles prennent la forme de directives
sur les prix (utilisées pendant l'administration de Johnson
aux Etats Unis) ou de contrôles des prix et salaires (utilisés
pendant la deuxième guerre mondiale et l'administration
de Nixon). Les contrôles ne sont pas très efficaces
parce que les gens s'attendent à la suppression des contrôles
et parce que ces dermiers vont à l'encontre de la liberté.
| Les contrôles des prix sont plus courants dans d'autres pays que les Etats-Unis. Mettons de côté les contrôles en période de guerre (deuxième guerre mondiale et guerre coréenne), les seuls contrôles de prix qui ont été imposés en période de paix aux Etats-Unis, furent ceux promulgués sous l'administration de Nixon entre 1971 et 1974. Le contrôle le plus dur a consisté en un gel des prix et des salaires dans lequel aucun prix ou salaire ne pouvait dépasser son niveau de l'année d'avant. Le gel des salaires a été très impopulaire. |
SCIENCES ÉCONOMIQUES DES
RESOURCES
Au début des années 80 aux Etats-Unis, une nouvelle
stratégie pour traiter la stagflation fut envisagée.
Elle propose de lutter contre l'inflation par une réduction
des coûts de production, notamment les coûts imposés
aux entreprises par l'État sous forme d'impôts et
de réglementations. L'administration Reagan a cherché
à réduire les impôts et les réglementations
dans ce but. Les politiques semblent avoir réussi bien
qu'elles aient entraîné un gonflement des déficits
budgétaires.
| Le conseil d'aéronautique civile américain était responsable de l'attribution des itinéraires et des prix des lignes aériennes. En 1984, il fut abrogé comme la loi de déréglementation des lignes aériennes de 1977 le prévoyait. Cette suppression a fait monter la concurrence des lignes aériennes entre elles et chuter les prix (parfois de plus de moitié). Cependant, dans les années 1990, un phénomène de concentration des compagnies aériennes leur a permis d'augmenter les prix de nouveau. |
COURBE DE LAFFER
La courbe de Laffer démontre que les recettes de l'État
augmentent si le taux d'impôt est soit augmenté si
on part de zéro et qu'on va jusqu'à un certain taux
soit réduit si on part d'un taux d'impôt à
100% et qu'on va jusqu'à un certain taux. Ainsi, la réduction
d'un taux d'imposition qui est déjà très
élev permet l'accroissement des recettes de l'État
et pas leur diminution. Dans cette perspective, les partisans
des sciences économiques des ressources ont défendu
la réduction des impôts américains. Les déficits
budgétaires croissants ne semblent pas avoir entièrement
vérifié la théorie de la courbe de Laffer.

| La loi américaine de rétablissement économique de 1981 a réduit le taux d'imposition marginal d'impôt sur le revenu personnel de 23%. Le fait que les revenus des impôts sur le revenu personnel aient à peine diminu semble confirmer la théorie de Laffer. Cependant, les tranches d'imposition n'ont pas été ajustées à l'inflation jusqu'en 1985, et cela peut expliquer pourquoi les revenus n'ont pas diminué. |
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