ANALYSE FINANCIERE  © John Petroff Traduction: Françoise BRUNELLE Source: PEOI
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Chapitre 4 G- Actionnaires majoritaires et minoritaires

G-Actionnaires majoritaires et minoritaires

A l’opposé des investisseurs externes étudiés dans la section précédente, la stratégie d’investissement et l’approche analytique sont très utilisés quand un actionnaire acquiert un intérêt de contrôle dans une société. Un intérêt de contrôle donne à l’actionnaire le pouvoir d’influencer les décisions en étant par exemple représenté au conseil d’administration. Formellement on peut distinguer trois niveaux de participation :
- les petits actionnaires avec moins de 5 % des actions émises n’ont pas le pouvoir d’influencer la stratégie et sont ceux étudiés dans la section précédente
- les actionnaires minoritaires avec plus de 5 % mais moins de 50 % des actions ont une influence sur les décisions de la société excepté si un autre actionnaire détient plus d’actions qu’eux. ,
- les actionnaires majoritaires avec plus de 50 % des actions qui ont un contrôle complet de la stratégie.


Les seuils de 5%, 25% et 50% sont seulement des indications arbitraires des niveaux de contrôle. Pour les très grandes sociétés avec des millions d’actionnaires, même 5% de détention représente un pouvoir considérable car la majorité des actionnaires ne participent pas aux votes et se contentent de signer des pouvoirs aux membres du conseil. Bien plus, les petits actionnaires peuvent se grouper pour soutenir le point de vue de l’un d'entre eux et un groupe d’actionnaires peut être si actif que les autres n’osent pas les contrecarrer. D’un autre coté, dans certaines sociétés bien contrôlées, même 25% des actions ne donnent pas la possibilité de conduire les affaires.

Voir les questions de révision de Q-4G.1 à Q-4gG5

1) -Les petits actionnaires:

Les petits actionnaires ne voient la société que comme un investissement de portefeuille. Seuls les dividendes et l’appréciation des cours sont la base de l’évaluation de l’action comme on l’a vu dans la section précédente. Mais, comme on l’a vu, la croissance potentielle des ventes, l’instabilité des revenus, la concurrence, les goulots d’étranglement dans les ressources et la volatilité des prix, peuvent augmenter ou diminuer les returns et les risques et par conséquent la valeur de l’action .

2) - Les actionnaires minoritaires:

L’actionnaire minoritaire est dans une position intermédiaire. La valeur provient des dividendes et de la hausse des cours comme pour les petits actionnaires. Mais, parce que si un actionnaire minoritaire met en vente une large portion de ses actions le prix du marché serait influencé de façon significative, les actionnaires minoritaires comptent pour l’entreprise et sont donc susceptibles d’influencer sa stratégie. Par conséquent la valeur de ses actifs doit aller au-delà des seuls dividendes et prendre en considération les revenus réinvestis, les budgets d’investissement, la structure de la dette, les coûts et la stratégie de vente qui peuvent inciter l’actionnaire minoritaire à ne pas vendre ses actifs ou à faire pression sur le conseil d’administration.

L’actionnaire minoritaire peut voir l’action, soit comme une part d’un portefeuille, soit comme une partie de son patrimoine sur lequel il a quelque influence. Dans le second cas, l’évaluation est la même que celle réalisée par l’actionnaire majoritaire (voir la sous-section suivante) et la valeur de son actif est en proportion de celle de l’ensemble de la société. Mais cette évaluation doit supporter une décote due au manque de contrôle effectif sur l’affaire.

[ On doit noter que les normes comptables GAAP reconnaissent la situation particulière de l’actionnaire minoritaire. Alors que le traitement comptable du petit actionnaire, appelé méthode des coûts d’acquisition quand la détention est inférieure à 20%, consiste à évaluer l’action à son coût d’acquisition avec ajustement seulement si le marché chute et que cette baisse n’est pas temporaire, le traitement de l’actionnaire minoritaire, appelé méthode de la participation, consiste à augmenter la valeur de l’action au coût d’acquisition par une partie des bénéfices reçus moins les dividendes reçus. Il y a également une recommandation des GAAP qui dit que, si l’actionnaire détient moins de 50% mais possède le contrôle effectif, alors la société mère doit inclure la société dont elle détient une part du capital dans ses états consolidés. La consolidation devient naturellement obligatoire lorsque la participation est de plus de 50% du capital comme on va le voir plus bas ]

Voir les questions de révision de Q-4G1.1 à Q-4G2.3

3) -Les actionnaires majoritaires:

L’actionnaire majoritaire est la maison mère de la filiale. Comme telle, elle contrôle les actifs et la stratégie de la filiale mais ne met pas en oeuvre cette stratégie. L’approche de l’analyse financière reflète cette situation où la responsabilité est déléguée, mais un actionnaire minoritaire peut avoir une influence significative sur les opérations de la filiale. L’analyse financière est très différente selon le degré de délégation de pouvoir Si la filiale possède une autonomie importante et doit seulement rendre compte de ses opérations, son évaluation est identique à celle d’une société complète décrite dans les deux prochaines sections, mais la part des intérêts minoritaires est déduite de l’évaluation.

Quand il y a moins d’autonomie et que la direction de la filiale doit rapporter à un actionnaire majoritaire qui ne délègue qu’une partie des pouvoirs, les processus de décision et d’analyse ont lieu en deux endroits différents. La maison mère, qui peut être une société holding, un conglomérat diversifié ou un ministère, prend les grandes décisions et répartit les ressources selon les filiales. La filiale ou branche est alors responsable de l’exécution et de l’atteinte des objectifs. La différence entre cette situation et la précédente est que la filiale ne contrôle pas sa propre destinée mais doit subir les décisions prises par la maison mère. Le siège peut :
- décider du produit, de la région de ventes, des objectifs de volume de ventes et des prix, (comme dans le cas des services publics, par exemple)
- allouer les ressources physiques et financières, (comme dans les théâtres ou des musées),
- ou, le plus généralement, faire les deux.
Dans ce cas l’analyse financière consiste à évaluer l’efficacité avec laquelle la filiale générera la production désirée ou utilisera les ressources allouées. De façon générale une filiale ne peut pas être évaluée sur la base de ses ventes, car celles-ci ont pu être décidées pour elle, ni sur la base des ressources dont elle dispose car elle peut n'avoir d'autre choix que d'utiliser les fournisseurs ou les sous-traitants avec qui elle a obligation de traiter.

Le cas extrême est celui où la filiale est possédée en totalité par la société mère et où aucune responsabilité ne lui est déléguée. Dans ce cas la filiale ne peut être jugée que sur ses capacités à atteindre les objectifs qui lui ont été fixés. Une approche pour juger de cette efficacité, différente de l’évaluation complète d'une filiale, a été développée par le conglomérat chimique Du Pont pour évaluer les performances de ses nombreuses filiales (qui dépassent la centaine) et est connue sous le nom de répartition de Du Pont. Le nom vient de la façon dont les ratios de profitabilité sont répartis en composants analytiques :

Profit sur capitaux propres = PAT/fonds propres

= PAT/actifs * actifs/fonds propres

= ROA * endettement

et ROA = PAT/actifs

= PAT/ventes * ventes/actifs

= rentabilité nette * rotation des actifs

Cette méthode (qui est de nouveau expliquée dans l'évaluation de la rentabilité dans la section B-3 du chapitre 13 sépare les lieux de responsabilité : la rentabilité nette est de la responsabilité du département des ventes et du marketing qui fixent les prix des produits et cherchent des clients, tandis que la rotation des actifs est de la responsabilité du département de la production qui doit utiliser les équipements au mieux de leurs capacités.[ En Russie l’approche de Du Pont est utilisée couramment dans l’analyse financière, comme on peut s’en douter pour les unités de production dépendant du gouvernement et est appelée la pyramide des coefficients ]

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Voir les questions de révision de Q-4G3.1 à Q-4G3.4

4) - Les Joint-ventures :

Les évaluations des joint-ventures peuvent être faites, soit comme dans l'approche d'un actionnaire minoritaire, soit comme dans celle d'un actionnaire majoritaire, selon la situation de contrôle de celui des deux partenaires qui veut évaluer. Si les deux partenaires ont le même degré de contrôle, alors chacun d’eux doit traiter sa participation comme s'il avait la majorité.

Voir la question de révision Q-4G4.1

Voir le travail de recherche R-4.23

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