ANALYSE FINANCIERE  © John Petroff Traduction: Françoise BRUNELLE, Lydie Laforet Source: PEOI
No rated * * * * * Resize -A   +A

 


Chapitre 15

Chapitre 15:

L'analyse économique

Le succès ou l'échec de toute entreprise dépend non seulement du bien-fondé des décisions de gestion relatives aux produits, aux marchés et aux processus de production, mais aussi d'une bonne anticipation des conditions économiques. Un analyste financier devrait toujours vérifier que les décisions de gestion sont adaptées aux conditions économiques courantes et futures. L'ampleur d'une analyse économique, ainsi que la période sur laquelle elle porte, varient généralement selon l'horizon temporel de la décision financière considérée. Par exemple, lors d'une décision d'investissement de fonds de retraite sur le marché des actions, on s'intéresse aux tendances portant sur une ou deux décennies à venir : c'est-à-dire, bien au delà du cycle économique courant. À l'opposé, lorsqu'un client est accepté avec effets à recevoir (paiement à 90 jours), ce sont les trois mois à venir qui sont primordiaux. Il est certes souhaitable d'éviter d'accorder des comptes avec effets à recevoir à des clients susceptibles de faire faillite dans un an ou deux, mais ce serait conduire une politique commerciale timorée que de rejeter des transactions en raison d'incertitudes lointaines : un crédit doit être approuvé tant qu'il n'y a aucune raison de suspecter un client de ne pas être capable d'honorer le paiement dans les 90 jours. Dans ce cas présent, ce qu'il est important de savoir, c'est si des changements radicaux des conditions économiques se produiront dans les trois prochains mois au point que le client se retrouve dans l'incapacité de payer.

L'analyse économique est à la base de l'analyse sectorielle duChapitre 14 et de l'analyse indiciaire des chapitres précédents. En comparaison, l'effort d'analyse économique est probablement de moindre ampleur que celui d'analyse sectorielle, mais c'est déjà une partie de l'analyse de l'entreprise. Un analyste n'a pas à conduire une analyse économique en partant de zéro à chaque fois qu'il s'intéresse à une entreprise. Normalement chacun devrait déjà avoir connaissances des grandes tendances économiques, de l'état actuel de l'économie, des politiques monétaire et fiscale suivies, et des principaux projets de loi. En outre, on devrait exercer une surveillance continue des indicateurs, qui annoncent un changement dans les conditions économiques, et entraînent une modification des prévisions. Ensuite l'analyse économique représente moins de travail pour l'analyste lui-même puisqu'il peut se référer à de nombreux spécialistes en sciences économiques et politiques parfaitement bien informés, et désireux d'échanger leurs opinions dans les médias. Le gouvernement publie également les principales données économiques sensibles régulièrement. En revanche, il est beaucoup plus difficile d'obtenir des opinions d'experts concernant un produit, une entreprise ou un secteur en particulier.

Cependant, le volume disponible d'informations économiques pertinentes trompe la vigilance de nombreux professionnels qui, se croyant suffisamment informés, ne décèlent pas certains revirements et interprètent mal des tendances. C'est pourquoi, il est conseillé de faire une mise à jour complète, systématique et régulière (disons, une fois par semaine) des conditions économiques à partir des données et d'événements rendus public récemment. Il faut aussi considérer que les prévisions économiques sont un exercice périlleux. Même les plus grands économistes sont connus pour faire des erreurs. Et l'approche très répandue qui consiste à se baser sur des prévisions reconnues, n'est en aucun cas l'assurance de ne pas se tromper. Une erreur reste de la responsabilité de l'analyste : c'est lui qui décide de faire confiance à une opinion ou à une autre.Le meilleur conseil qu'on puisse donner est de faire soi-même tout ou partie de l'interprétation des données et de la prévision. Cela ne signifie pas qu'un analyste doive être également un économiste qualifié et y consacrer une quantité considérable de son temps. Comme nous le montrerons dans les sections suivantes, seuls quelques aspects essentiels doivent faire l'objet d'une attention particulière. En fait, ce chapitre est le plus court de ce cours. Les choses ont été restreintes à un minimum réaliste, non parce qu'elles sont sans importance, mais parce que beaucoup ont déjà été décrites ailleurs. Il y a abondance de cours et de manuels qui peuvent être consultés à ce sujet. Nous nous limiterons donc à présenter le strict nécessaire à l'analyse financière.

Ce chapitre comporte trois sections.

A- les grandes tendances économiques
B- les cycles économiques
C- les prévisions économiques pour les analystes financiers

Une grande partie du chapitre précédent a été consacrée aux conséquences sur les ventes d'un secteur des changements de revenu du consommateur au cours d'un cycle économique . Et, comme il se doit, la plus grande partie de ce chapitre est consacrée à la description ainsi qu'aux méthodes de prévision des cycles économiques. Malgré ces mouvements cycliques, la demande des consommateurs croit à un rythme régulier, parallèlement au revenu et au produit national. La demande des consommateurs varie également sur le long terme sous l'influence de tendances sociales, politiques, culturelles et économiques, qui sont à la source de l'innovation. C'est à ces tendances de long terme que nous nous intéresserons en premier lieu.

Voir les questions de révision de Q-15.1 à Q-15.3.

  Practice questions

  Assignments

  Readings

 Quiz

[Votre opinion nous est importante. Posez vos questions et offrez vos remarques, critiques ou suggestions à contact information ou bien utiliser les forums ]

Précédent: Modifié: 2010-06-18 Suivant: Avant-propos