ANALYSE FINANCIERE  © John Petroff Traduction: Françoise BRUNELLE, Lydie Laforet Source: PEOI
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Chapitre 15 B-3- Politiques monétaires et fiscales

3) - Politiques monétaires et fiscales au cours du cycle économique

Dans notre description du cycle économique, nous avons volontairement omis toute intervention de l'état. Au 19ème siècle, les cycles économiques étaient particulièrement prononcés, notamment les périodes de crise qui causaient la faillite de très nombreuses entreprises, et entraînaient des niveaux de chômage très élevés. Les gouvernements (en particulier aux Etats-Unis et au Royaume Uni) se sont vus obligés d'intervenir pour essayer d'aplanir les difficultés lors de récessions graves. Puisque l'excès de crédits était la cause des faillites bancaires, aussi bien que des faillites d'entreprises de biens et de services, les banques centrales ont dû mettre en place des politiques monétaires de manière à résoudre ces problèmes.

Malheureusement, au début du 20ème siècle, les politiques gouvernementales ont souvent consisté en l'inverse de ce qui était nécessaire et ont ainsi contribué à aggraver l'ampleur des cycles économiques. Par exemple, le gouvernement des Etats-Unis s'était fait un devoir moral d'équilibrer son budget, et a ainsi commencé par augmenter les impôts lors de la grande dépression des années 30. Les théories de John Maynard Keynes et de ses successeurs ont apporté de grandes améliorations dans les politiques fiscales. Le New Deal sous le président Franklin D. Roosevelt a été la première application concrète de la théorie keynésienne, qui recommandait une augmentation des dépenses publiques. Toujours aux Etats-Unis, le Employment Act de 1946 engageait le gouvernement à prendre les mesures nécessaires pour prévenir tout chômage excessif. Celui-ci a bientôt été abandonné, car les crises d'après la deuxième guerre mondiale se sont avérées beaucoup plus modérées qu'auparavant et le taux de chômage aux Etats-Unis n'a plus jamais atteint les 10% comme il l'avait fait par deux fois dans le passé. Dans les années 60, les économistes ont même cru un temps qu'ils pourraient diriger l'économie avec suffisamment de précision pour éviter les récessions.

Mais il n'en fut pas ainsi. Les théories économiques keynésiennes avaient négligé la politique monétaire, qu'elles ne considéraient utile que pour soutenir la politique fiscale. Pour faciliter les emprunts de l'état, la Banque Centrale américaine dut intervenir. Les emprunts du gouvernement se sont alors substitués à ceux du secteur privé, ce qui a retardé le rétablissement de l'économie. Parallèlement, la masse monétaire pouvait croître sans restriction aucune en période d'expansion, entraînant de fortes tendances inflationnistes qui ont accéléré la surchauffe de l'économie et l'ont poussée vers la récession. Une amélioration de la politique monétaire n'a pas été envisagée jusqu'à ce que les théories de Milton Friedman soient reconnues dans les années 80. Une croissance lente et régulière de la masse monétaire est alors apparue comme un facteur essentiel de stabilité économique. Depuis, les cycles économiques semblent modérés comme ils ne l'ont jamais été, et les phases d'expansion sont beaucoup plus longues.

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