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ANALYSE FINANCIERE | © John Petroff Traduction: Françoise BRUNELLE, Lydie Laforet Source: PEOI |
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1) Taux de croissance du revenu national
Les revenus des consommateurs ont toujours augmenté au rythme du produit intérieur brut et on peut s'attendre à ce qu'il en soit de même à l'avenir si aucun des principaux facteurs de croissance n'est perturbé. Le produit économique mondial augmente à un taux régulier compris entre 2% et 5% en moyenne, mais les pays en voie de développement connaissent des taux de croissance parfois plus élevés. Au siècle dernier l'économie américaine s'est développée au rythme d'un taux de croissance moyen réel de 2,9%. Pour la période 1960-1988, le taux de croissance réel annuel du produit intérieur brut se montait à 3,3% pour les Etats-Unis, 4,4% pour le Canada, 3,7% pour la France, 3,1% pour l'Allemagne, 4,0% pour l'Italie, 6,5% pour le Japon et 2,5% pour le Royaume-Uni. Ceci correspond à une moyenne de 3,9% pour ces sept pays. Plus récemment, la croissance a ralenti : pour la période 1978-1998 le taux moyen de croissance économique des Etats-Unis n'était que de 2,74%.
Tableau T-15.1 : la célèbre liste des sources de la croissance aux Etats-Unis par Dennison, éditée en 1985.
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| Augmentation de la quantité de travail | 32% | ||
| Augmentation de la productivité du travail | 68% | ||
| Progrès technologique | 28% | ||
| Quantité de capital | 19% | ||
| Education et formation | 14% | ||
| Economies d'échelle | 9% | ||
| Meilleure répartition des ressources | 8% | ||
| Restrictions légales et environnementales | -9% | ||
Les économistes expliquent la croissance économique par une augmentation de la main-d'oeuvre, des gains de productivité, les effets positifs du commerce international et des politique de concertation à l'échelle mondiale visant à réduire ou à éviter des conflits. Pour établir des prévisions du taux de croissance, chacun de ces éléments doit faire l'objet d'une analyse. Les deux derniers facteurs cités (concernant le commerce international et les politiques extérieures) sont le résultat de l'attitude de chaque pays, et on ne peut pas raisonnablement supposer qu'à l'avenir ils se démarquent significativement de ce qu'ils ont été ces 50 dernières années. Si de nets signes de tensions internationales devaient apparaître, (espérons que ce ne soit pas le cas dans les années à venir), la croissance devrait ralentir en conséquence. (Lors des manifestations anti-mondialisation lors de la réunion de l'Organisation Mondiale du Commerce à Seattle en 1999, certaines revendications étaient préoccupantes, mais rien ne prouve qu'elles reflètent l'avis de la majorité de la population, ni que les gouvernements aient l'intention d'épouser ces points de vue.)
La croissance de la main-d'oeuvre est attribuée à une plus grande proportion de femmes actives et à la croissance de la population. Pour les pays occidentaux, la proportion de femmes dans la population active atteint le même niveau que pour les hommes. (En 1995, ce taux était en fait légèrement plus élevé: 94% pour des femmes contre 93,8% pour les hommes. Ce changement est intervenu assez rapidement puisque, par exemple, ce taux pour les femmes ayant des enfants de moins de 6 ans est monté de 18,6% en 1960 à 61,7% en 1994.) Dans l'avenir il ne faudra donc pas espérer beaucoup d'une augmentation du nombre de femmes actives. En ce qui concerne la croissance de la population dans les pays d'Europe occidentale, elle a fortement diminué et se rapprochait de zéro à la fin du 20ème siècle, se montant en moyenne à juste 0,2%, voire à moins de zéro pour certain pays. Aux Etats-Unis, le taux de croissance de la population avait également chuté, mais il continue de tourner autour de 1% depuis plusieurs décennies et on peut s'attendre à ce qu'il en soit de même dans un futur proche.
Ainsi, la majeure partie de la croissance économique à long terme est attribuable aux gains de productivité : deux tiers pour les Etats-Unis (68% pour être précis, selon l'analyse de Dennison présentée dans le Tableau T-15.1), et beaucoup plus pour certains pays de l'OCDE dont la population stagne. Les gains de productivité sont attribuables au progrès technologique pour les biens durables, à une augmentation de capital, aux économies d'échelle, à une meilleure répartition des ressources et à une amélioration de la qualification de la population active. Mais ils ont été inférieurs à ce qu'ils auraient pu être, du fait d'un renforcement des réglementations (coûteuses mais nécessaires) dans le domaine de la sécurité, de la lutte contre la pollution, et autres entraves à la production.
Au cours du siècle dernier, la qualification de la main d'oeuvre s'est considérablement améliorée à en juger par les progrès de l'instruction dans la population. Par exemple, aux Etats-Unis, le nombre de personnes ayant fini le lycée est passé de 13% au début du 20ème siècle, à plus 86% moins d'un siècle plus tard. Dans beaucoup de pays en développement, les taux d'instruction approchent ou dépassent les 90%. La qualification de la population active est donc susceptible de poursuivre son amélioration à l'avenir, mais à un rythme plus lent que par le passé. Quant à l'investissement net de capital, il s'est avéré régulier autour de 10% du produit national brut réel ces 50 dernières années. Les économies d'échelle semblent être un peu plus prometteuses, au moment où la mondialisation des marchés et les fusions au niveau international se développent de plus en plus.
Mais le plus grand facteur de croissance économique repose sur le progrès technologique. Plus abordables, plus compacts et plus rapides, les ordinateurs transforment tous les secteurs de l'économie, en particulier grâce à la facilité d'accès à l'information qu'ils procurent. La propagation d'Internet assure que le progrès technologique continuera de contribuer sensiblement à la croissance de la productivité dans un avenir proche.
Les remarques précédentes concernant les différents facteurs des gains de productivité nous conduisent naturellement à nous demander si le taux de croissance économique peut être facilement anticipé. Ces différentes remarques suggèrent que la tendance globale devrait demeurer sensiblement la même que par le passé, mais en marquant un léger ralentissement. Prévoir l'ampleur de ce ralentissement n'est en aucun cas évident, il est donc nécessaire de s'intéresser à certaines données qui peuvent apporter un peu de lumière au problème. Le tableau T-15.2 présente les gains de productivité des Etats-Unis. La productivité est mesurée par la valeur ajoutée rapportée par heure et par personne. (Rappelons que la somme de toutes les valeurs ajoutées forme le PIB). Puisque le produit agrégé est aussi la variable qui détermine les fluctuations économiques, il apparaît évident que la productivité par heure et par personne soit cyclique. Pour la période 1978-1998 son taux de croissance moyen s'élevait à 1,7% par an.
Pour prévoir le taux de croissance annuel du PIB des Etats-Unis au début du 21ème siècle, il suffit donc d'ajouter à la récente croissance annuelle de la productivité (1,7%) le taux annuel de croissance de la population (1%) estimé. On obtient alors un total de 2,7%, ce qui est légèrement inférieur aux 2,74% des vingt dernières années. En 1999, les prévisions de la Banque Mondiale pour la période 1999-2003 se montaient à 3,9%. Et tandis que nos prévisions de 2,7% peuvent paraître un peu pessimistes en comparaison, il est aussi très peu probable que la croissance réelle d'une année donnée soit exactement égale à ce taux, puisque l'économie est cyclique, et que les conditions socio- économiques sont fortement susceptibles de changer. Pour affiner des prévisions, deux approches sont possibles : l'une met en oeuvre des simulations économétriques et l'analyses de séries chronologiques (présentées dans le chapitre précédent), l'autre consiste en une ré-estimation de chacun des facteurs de gain de productivité discutés plus haut. Ce qui reviendrait à s'intéresser aux sources de la croissance démographique, de l'augmentation de la population active, du progrès technologique, de l'automatisation, de la motivation à une meilleure formation et à l'esprit d'entreprise. Une telle analyse n'est plus du ressort de la finance ou des sciences économiques, mais de la sociologie et la psychologie. Ainsi, nous nous limiterons à indiquer des pistes pour des analyses plus approfondies, plutôt que de chercher à traiter un sujet qui va bien au delà de l'objet de ce cours.
Voir les questions de révision de Q-15A.1 à Q-15A1.21.
Voir les travaux de recherche de R-15A1.1 à R-15A1.5
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