ANALYSE FINANCIERE  © John Petroff Traduction: Françoise BRUNELLE Source: PEOI
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Chapitre 14 C-3- Petites et moyennes entreprises

3) - Les oppportunités des petites et moyennes entreprises

Le paragraphe précédent semble suggérer que les petites et moyennes entreprises n'ont aucune chance de réussir. Ce n'est pas vrai. Tout dépend des buts de leur direction, de la phase du cycle de vie du produit, de la structuration du marché, de la nature du produit et éventuellement de l'aide de gouvernement. Si le but d'une petite entreprise est de s'attaquer à des entreprises géantes dix fois plus grosses qu'elle, le succès n'est pas garanti ; mais si le but est de vendre à une clientèle croissante et fidèle qui apprécie un aspect particulier du produit de l'entreprise, les perspectives sont bien meilleures. C'est particulièrement vrai si l'entreprise s'est installée sur un marché en expansion. La concurrence sur un marché d'entreprises tout aussi petites devrait être plus facile, mais pas toujours. Grand ou petit, le danger des concurrents est leur stratégie prédatrice. Une petite entreprise peut très bien trouver un avenir solide à l'ombre d'un grand géant paisible, mais souffrir de la promotion agressive d'une entreprise encore plus petite dans son quartier. Pour certains produits, l'investissement minimum exigé est si grand qu'il est inconcevable qu'une opération de faible envergure soit profitable. C'est le cas de la fabrication automobile où la capacité économique d'une usine démarre à 100.000 voitures par an. Cependant, on a vu des opérations minuscules (par exemple Ferrari ou DeLorean), même dans ce secteur, qui ont réussi commercialement pendant un certain temps. Ceci tend à prouver qu'il y a des niches à exploiter dans n'importe quel produit.

Les gouvernements de presque tous les pays aident leurs petites entreprises, en partie parce que toutes les grandes entreprises ont nécessairement été petites au début de leur fonctionnement et qu'il est essentiel que le pays cultive cette source de vitalité très importante. Aider les petites entreprises est une façon de réduire les chances qu'une seule entreprise monopolise un marché. Les petites entreprises sont également dans une position défavorable pour recueillir des informations sur le marché, obtenir des informations sur le crédit, étudier les normes de fonctionnement, se conformer à la multitude de règlements administratifs, et ainsi de suite. Elles ont besoin d'une aide souvent minime dans les aspects de base de la conduite d'une affaire ; une aide efficacement fournie aux Etats-Unis par la Small Business Administration (SBA). Dans certains pays, comme la France par exemple, l'administration des PME fait beaucoup plus que fournir des informations : des capitaux de départ, une formation du personnel, des crédits et même des dotations sont donnés dans certaines régions et pour certaines activités. Globalement, on peut dire qu'il serait souhaitable que la SBA américaine donne plus d'aide à toutes les petites entreprises au tout début en demandant à un consultant de conduire une analyse financière et sectorielle (comme décrit dans ce manuel) qui indiquerait si la stratégie de la petite entreprise est mauvaise. Ceci réduirait la triste proportion d'échecs de petites entreprises.

Comment déterminer la viabilité d'une petite entreprise ? Essentiellement, de la même manière que pour toute entreprise. Mais il y a quelques précautions supplémentaires à prendre par l'analyste. En premier lieu, dans une petite entreprise, il y a des chances qu'on n'ait pas toute la gamme des qualifications et connaissances nécessaires pour toutes les fonctions opérationnelles. Dans ce cas, on doit s'assurer que l'entreprise en est bien consciente et qu'elle peut obtenir ce dont elle a besoin à l'extérieur. La plus importante de toutes les fonctions est la fonction marketing, parce que, comme on l'a amplement illustré, les ventes sont le coeur vital de toute entreprise. Et parce que les entreprises sont souvent lancées par des personnes avec des idées et des qualifications techniques, mais sans expertise de vente. Ensuite, être un bon vendeur est certainement le plus important. L'analyste doit étudier le business plan de la petite entreprise avec l'aide d'un expert du produit pour évaluer si la stratégie a une chance. Un autre danger dont il faut être conscient est l'insuffisance de capitalisation. Enfin, parce que l'entreprise par définition se compose de quelques personnes, il est crucial que ces individus travaillent en équipe, et cela dépend principalement des aptitudes de gestion et de leadership du propriétaire de la petite entreprise. A part ça, tout ce qui a été dit au sujet de l''évaluation d'un prêt ou d'une action, est applicable à une petite entreprise aussi bien qu'à une grande.

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Voir les travaux de recherche de R-14C3.1 à R-14C3.3

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