ANALYSE FINANCIERE  © John Petroff Traduction: Françoise BRUNELLE Source: PEOI
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Chapitre 11 E-3- Lois de Modigliani-Miller

© 2000 John Petroff

3) - Lois de Modigliani-Miller

Dans un article devenu classique (de1958) , Modigliani et Miller (MM) ont montré que le levier financier d'une entreprise importe peu aux investisseurs parce que ceux-ci peuvent ajuster leur propre niveau de levier financier (en prêtant ou en empruntant) à leur aversion de risque. L'article demeure une base pour la théorie moderne du portefeuille. Pour résumer, cette théorie dit que la structure des capitaux d'une entreprise n'a pas d'importance : l'utilisation de la dette par une entreprise augmentera seulement le taux exigé de retour sur capitaux propres (et le bêta) pour cette entreprise.

Pour parvenir à cette conclusion, MM utilisent un ensemble d'hypothèses rigoureuses : il n'y a aucun coût de faillite, les individus ont les mêmes occasions de prêt et d'emprunt que les entreprises et il n'y a aucun coût de transaction. Ils montrent, dans une série de propositions, que l'effet du levier financier (c.-à-d. la comparaison des coûts capitaux d'entreprises endettées et non endettées) est d'augmenter la valeur de l'entreprise mais également le coût des capitaux propres en raison du risque systématique plus élevé. Cette conclusion est identique à celle atteinte plus haut, mais la courbe du coût capitaux moyen est linéaire chez MM. Ceci signifie qu'il n'y a aucun optimum : toutes les structures de capitaux sont équivalentes.

Leur conclusion est appropriée dans leur modèle, et elle peut être applicable pour certaines des entreprises américaines les plus stables et les plus prospères (telles qu'AT& T) pour qui la dette représente une petite fraction du total des fonds totaux et pour qui la possibilité de faillite est extrêmement faible. Mais pour la plupart des entreprises qui ont besoin d'une proportion beaucoup grande de financement par emprunt, le présupposé qu'il n'y a pas de coût de faillite n'est pas appropriée. En outre, l'analyse de la structure du capital ne doit pas se concentrer exclusivement sur le point de vue des actionnaires. La direction, les employés, les clients, les fournisseurs et l'administration locale sont très sérieusement concernés par le coût de faillite. Supposer qu'il n'existe pas est inacceptable dans un contexte plus large que le monde restrictif de MM. Si on élimine ce présupposé, cela justifie l'augmentation de la pente des capitaux propres, de la dette et du coût capitaux moyen, et établit un maximum pour la dette.

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